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Entretien avec Jérôme Cuny : réindustrialiser dans le cadre des limites planétaires

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A propos de Jérôme Cuny


Président et fondateur de IDH21, il combine des expertises scientifiques, entrepreneuriales et stratégiques. Titulaire d'un doctorat en océanographie physique obtenu à l'Université de Washington à Seattle, il est au fait des problématiques climatiques depuis plus de 20 ans. Après avoir été chercheur en océanographie physique aux Etats Unis, en Belgique puis en France, il co-fondé et dirigé trois entreprises liées aux thématiques de l'environnement, de l'énergie ou de l'innovation.Après avoir complété ses compétences via le Master en Stratégie et Design de l'ESC Clermont/Strate Ecole de design, spécialisé en redirection écologique, Jérôme Cuny propose aujourd'hui ses expertises combinées à travers l'offre de IDH21.
On parle beaucoup de transition énergétique et d’économie circulaire dans l’industrie. A-t-on pris conscience de l’ampleur des défis ?
Quand on parle de transition énergétique aujourd’hui, on parle de remplacer les énergies fossiles par des énergies décarbonées. L’idée associée est qu’en modifiant l’origine de l’énergie en la rendant ‘verte’, on répond aux enjeux du dérèglement climatique.
Pareil pour l’économie circulaire : la motivation est souvent essentiellement économique, mais ont doit saluer le fait de réfléchir à la réutilisation des matériaux.
Mais remplacer, par exemple, les voitures à moteur thermique par des voitures électriques, est une approche focalisée sur une seule thématique (le changement climatique) qui met de côté les autres limites planétaires. Et j’inclus dans ces limites planétaires le sujet de la disponibilité des métaux, car l’économie circulaire ne pourra pas répondre au volume de matières premières pour une demande en voitures électriques équivalente à celle des voitures thermiques. Si on y ajoute aussi le sujet de la disponibilité de l’énergie, on obtient ce que j’appelle les limites planétaires ‘industrielles’.
Des approches concentrées sur le seul sujet du changement climatique ne considèrent pas l’ensemble du système dans lequel l’énergie, la mobilité, ou la disponibilité des métaux s’inscrivent et sont liés.
Aujourd’hui, je préfère parler de redirection écologique, qui se distingue de la transition écologique parce qu’elle ne remet pas seulement en cause les moyens de nos activités mais également les finalités. Appliquée au monde industriel, cette approche nécessite de dépasser une approche uniquement ‘solutionniste’ et technologique, pour se poser la question de la raison d’être de la production et donc des besoins auxquels elle répond.
La réindustrialisation de la France s’est fait une place dans les médias, depuis mars 2020 et les premières pénuries de produits qui ont affectées de nombreuses industries. Que serait une stratégie de réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires ?
La première question serait : que voulons-nous produire ? De quoi avons nous besoin ?Si la réponse est, tout ce que nous avons aujourd’hui et encore plus, cela veut dire que l’on ne prend pas encore en compte réellement les limites planétaires.
Mais on peut rapidement expérimenter la complexité du sujet en se posant la question : « De quoi est ce que j’ai besoin pour bien vivre ? ». Même si des éléments communs apparaîtraient à travers un sondage, des réponses détaillées présenteraient de nombreuses différences d’une personne à l’autre rien que par la définition personnelle de ce que signifie « bien vivre ».
Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.

Après avoir complété ses compétences via le Master en Stratégie et Design de l'ESC Clermont/Strate Ecole de design, spécialisé en redirection écologique, Jérôme Cuny propose aujourd'hui ses expertises combinées à travers l'offre de IDH21.
On parle beaucoup de transition énergétique et d’économie circulaire dans l’industrie. A-t-on pris conscience de l’ampleur des défis ?
Quand on parle de transition énergétique aujourd’hui, on parle de remplacer les énergies fossiles par des énergies décarbonées. L’idée associée est qu’en modifiant l’origine de l’énergie en la rendant ‘verte’, on répond aux enjeux du dérèglement climatique.
Pareil pour l’économie circulaire : la motivation est souvent essentiellement économique, mais ont doit saluer le fait de réfléchir à la réutilisation des matériaux.
Mais remplacer, par exemple, les voitures à moteur thermique par des voitures électriques, est une approche focalisée sur une seule thématique (le changement climatique) qui met de côté les autres limites planétaires. Et j’inclus dans ces limites planétaires le sujet de la disponibilité des métaux, car l’économie circulaire ne pourra pas répondre au volume de matières premières pour une demande en voitures électriques équivalente à celle des voitures thermiques. Si on y ajoute aussi le sujet de la disponibilité de l’énergie, on obtient ce que j’appelle les limites planétaires ‘industrielles’.
Des approches concentrées sur le seul sujet du changement climatique ne considèrent pas l’ensemble du système dans lequel l’énergie, la mobilité, ou la disponibilité des métaux s’inscrivent et sont liés.
Aujourd’hui, je préfère parler de redirection écologique, qui se distingue de la transition écologique parce qu’elle ne remet pas seulement en cause les moyens de nos activités mais également les finalités. Appliquée au monde industriel, cette approche nécessite de dépasser une approche uniquement ‘solutionniste’ et technologique, pour se poser la question de la raison d’être de la production et donc des besoins auxquels elle répond.
La réindustrialisation de la France s’est fait une place dans les médias, depuis mars 2020 et les premières pénuries de produits qui ont affectées de nombreuses industries. Que serait une stratégie de réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires ?
La première question serait : que voulons-nous produire ? De quoi avons nous besoin ?Si la réponse est, tout ce que nous avons aujourd’hui et encore plus, cela veut dire que l’on ne prend pas encore en compte réellement les limites planétaires.
Mais on peut rapidement expérimenter la complexité du sujet en se posant la question : « De quoi est ce que j’ai besoin pour bien vivre ? ». Même si des éléments communs apparaîtraient à travers un sondage, des réponses détaillées présenteraient de nombreuses différences d’une personne à l’autre rien que par la définition personnelle de ce que signifie « bien vivre ».
Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.


On parle beaucoup de transition énergétique et d’économie circulaire dans l’industrie. A-t-on pris conscience de l’ampleur des défis ?
Quand on parle de transition énergétique aujourd’hui, on parle de remplacer les énergies fossiles par des énergies décarbonées. L’idée associée est qu’en modifiant l’origine de l’énergie en la rendant ‘verte’, on répond aux enjeux du dérèglement climatique.
Pareil pour l’économie circulaire : la motivation est souvent essentiellement économique, mais ont doit saluer le fait de réfléchir à la réutilisation des matériaux.
Mais remplacer, par exemple, les voitures à moteur thermique par des voitures électriques, est une approche focalisée sur une seule thématique (le changement climatique) qui met de côté les autres limites planétaires. Et j’inclus dans ces limites planétaires le sujet de la disponibilité des métaux, car l’économie circulaire ne pourra pas répondre au volume de matières premières pour une demande en voitures électriques équivalente à celle des voitures thermiques. Si on y ajoute aussi le sujet de la disponibilité de l’énergie, on obtient ce que j’appelle les limites planétaires ‘industrielles’.
Des approches concentrées sur le seul sujet du changement climatique ne considèrent pas l’ensemble du système dans lequel l’énergie, la mobilité, ou la disponibilité des métaux s’inscrivent et sont liés.
Aujourd’hui, je préfère parler de redirection écologique, qui se distingue de la transition écologique parce qu’elle ne remet pas seulement en cause les moyens de nos activités mais également les finalités. Appliquée au monde industriel, cette approche nécessite de dépasser une approche uniquement ‘solutionniste’ et technologique, pour se poser la question de la raison d’être de la production et donc des besoins auxquels elle répond.
La réindustrialisation de la France s’est fait une place dans les médias, depuis mars 2020 et les premières pénuries de produits qui ont affectées de nombreuses industries. Que serait une stratégie de réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires ?
La première question serait : que voulons-nous produire ? De quoi avons nous besoin ?Si la réponse est, tout ce que nous avons aujourd’hui et encore plus, cela veut dire que l’on ne prend pas encore en compte réellement les limites planétaires.
Mais on peut rapidement expérimenter la complexité du sujet en se posant la question : « De quoi est ce que j’ai besoin pour bien vivre ? ». Même si des éléments communs apparaîtraient à travers un sondage, des réponses détaillées présenteraient de nombreuses différences d’une personne à l’autre rien que par la définition personnelle de ce que signifie « bien vivre ».
Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
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Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.

On parle beaucoup de transition énergétique et d’économie circulaire dans l’industrie. A-t-on pris conscience de l’ampleur des défis ?


Quand on parle de transition énergétique aujourd’hui, on parle de remplacer les énergies fossiles par des énergies décarbonées. L’idée associée est qu’en modifiant l’origine de l’énergie en la rendant ‘verte’, on répond aux enjeux du dérèglement climatique.
Pareil pour l’économie circulaire : la motivation est souvent essentiellement économique, mais ont doit saluer le fait de réfléchir à la réutilisation des matériaux.
Mais remplacer, par exemple, les voitures à moteur thermique par des voitures électriques, est une approche focalisée sur une seule thématique (le changement climatique) qui met de côté les autres limites planétaires. Et j’inclus dans ces limites planétaires le sujet de la disponibilité des métaux, car l’économie circulaire ne pourra pas répondre au volume de matières premières pour une demande en voitures électriques équivalente à celle des voitures thermiques. Si on y ajoute aussi le sujet de la disponibilité de l’énergie, on obtient ce que j’appelle les limites planétaires ‘industrielles’.
Des approches concentrées sur le seul sujet du changement climatique ne considèrent pas l’ensemble du système dans lequel l’énergie, la mobilité, ou la disponibilité des métaux s’inscrivent et sont liés.
Aujourd’hui, je préfère parler de redirection écologique, qui se distingue de la transition écologique parce qu’elle ne remet pas seulement en cause les moyens de nos activités mais également les finalités. Appliquée au monde industriel, cette approche nécessite de dépasser une approche uniquement ‘solutionniste’ et technologique, pour se poser la question de la raison d’être de la production et donc des besoins auxquels elle répond.
La réindustrialisation de la France s’est fait une place dans les médias, depuis mars 2020 et les premières pénuries de produits qui ont affectées de nombreuses industries. Que serait une stratégie de réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires ?
La première question serait : que voulons-nous produire ? De quoi avons nous besoin ?Si la réponse est, tout ce que nous avons aujourd’hui et encore plus, cela veut dire que l’on ne prend pas encore en compte réellement les limites planétaires.
Mais on peut rapidement expérimenter la complexité du sujet en se posant la question : « De quoi est ce que j’ai besoin pour bien vivre ? ». Même si des éléments communs apparaîtraient à travers un sondage, des réponses détaillées présenteraient de nombreuses différences d’une personne à l’autre rien que par la définition personnelle de ce que signifie « bien vivre ».
Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.


Pareil pour l’économie circulaire : la motivation est souvent essentiellement économique, mais ont doit saluer le fait de réfléchir à la réutilisation des matériaux.
Mais remplacer, par exemple, les voitures à moteur thermique par des voitures électriques, est une approche focalisée sur une seule thématique (le changement climatique) qui met de côté les autres limites planétaires. Et j’inclus dans ces limites planétaires le sujet de la disponibilité des métaux, car l’économie circulaire ne pourra pas répondre au volume de matières premières pour une demande en voitures électriques équivalente à celle des voitures thermiques. Si on y ajoute aussi le sujet de la disponibilité de l’énergie, on obtient ce que j’appelle les limites planétaires ‘industrielles’.
Des approches concentrées sur le seul sujet du changement climatique ne considèrent pas l’ensemble du système dans lequel l’énergie, la mobilité, ou la disponibilité des métaux s’inscrivent et sont liés.
Aujourd’hui, je préfère parler de redirection écologique, qui se distingue de la transition écologique parce qu’elle ne remet pas seulement en cause les moyens de nos activités mais également les finalités. Appliquée au monde industriel, cette approche nécessite de dépasser une approche uniquement ‘solutionniste’ et technologique, pour se poser la question de la raison d’être de la production et donc des besoins auxquels elle répond.
La réindustrialisation de la France s’est fait une place dans les médias, depuis mars 2020 et les premières pénuries de produits qui ont affectées de nombreuses industries. Que serait une stratégie de réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires ?
La première question serait : que voulons-nous produire ? De quoi avons nous besoin ?Si la réponse est, tout ce que nous avons aujourd’hui et encore plus, cela veut dire que l’on ne prend pas encore en compte réellement les limites planétaires.
Mais on peut rapidement expérimenter la complexité du sujet en se posant la question : « De quoi est ce que j’ai besoin pour bien vivre ? ». Même si des éléments communs apparaîtraient à travers un sondage, des réponses détaillées présenteraient de nombreuses différences d’une personne à l’autre rien que par la définition personnelle de ce que signifie « bien vivre ».
Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.


Mais remplacer, par exemple, les voitures à moteur thermique par des voitures électriques, est une approche focalisée sur une seule thématique (le changement climatique) qui met de côté les autres limites planétaires. Et j’inclus dans ces limites planétaires le sujet de la disponibilité des métaux, car l’économie circulaire ne pourra pas répondre au volume de matières premières pour une demande en voitures électriques équivalente à celle des voitures thermiques. Si on y ajoute aussi le sujet de la disponibilité de l’énergie, on obtient ce que j’appelle les limites planétaires ‘industrielles’.
Des approches concentrées sur le seul sujet du changement climatique ne considèrent pas l’ensemble du système dans lequel l’énergie, la mobilité, ou la disponibilité des métaux s’inscrivent et sont liés.
Aujourd’hui, je préfère parler de redirection écologique, qui se distingue de la transition écologique parce qu’elle ne remet pas seulement en cause les moyens de nos activités mais également les finalités. Appliquée au monde industriel, cette approche nécessite de dépasser une approche uniquement ‘solutionniste’ et technologique, pour se poser la question de la raison d’être de la production et donc des besoins auxquels elle répond.
La réindustrialisation de la France s’est fait une place dans les médias, depuis mars 2020 et les premières pénuries de produits qui ont affectées de nombreuses industries. Que serait une stratégie de réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires ?
La première question serait : que voulons-nous produire ? De quoi avons nous besoin ?Si la réponse est, tout ce que nous avons aujourd’hui et encore plus, cela veut dire que l’on ne prend pas encore en compte réellement les limites planétaires.
Mais on peut rapidement expérimenter la complexité du sujet en se posant la question : « De quoi est ce que j’ai besoin pour bien vivre ? ». Même si des éléments communs apparaîtraient à travers un sondage, des réponses détaillées présenteraient de nombreuses différences d’une personne à l’autre rien que par la définition personnelle de ce que signifie « bien vivre ».
Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.


Des approches concentrées sur le seul sujet du changement climatique ne considèrent pas l’ensemble du système dans lequel l’énergie, la mobilité, ou la disponibilité des métaux s’inscrivent et sont liés.
Aujourd’hui, je préfère parler de redirection écologique, qui se distingue de la transition écologique parce qu’elle ne remet pas seulement en cause les moyens de nos activités mais également les finalités. Appliquée au monde industriel, cette approche nécessite de dépasser une approche uniquement ‘solutionniste’ et technologique, pour se poser la question de la raison d’être de la production et donc des besoins auxquels elle répond.
La réindustrialisation de la France s’est fait une place dans les médias, depuis mars 2020 et les premières pénuries de produits qui ont affectées de nombreuses industries. Que serait une stratégie de réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires ?
La première question serait : que voulons-nous produire ? De quoi avons nous besoin ?Si la réponse est, tout ce que nous avons aujourd’hui et encore plus, cela veut dire que l’on ne prend pas encore en compte réellement les limites planétaires.
Mais on peut rapidement expérimenter la complexité du sujet en se posant la question : « De quoi est ce que j’ai besoin pour bien vivre ? ». Même si des éléments communs apparaîtraient à travers un sondage, des réponses détaillées présenteraient de nombreuses différences d’une personne à l’autre rien que par la définition personnelle de ce que signifie « bien vivre ».
Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.


Aujourd’hui, je préfère parler de redirection écologique, qui se distingue de la transition écologique parce qu’elle ne remet pas seulement en cause les moyens de nos activités mais également les finalités. Appliquée au monde industriel, cette approche nécessite de dépasser une approche uniquement ‘solutionniste’ et technologique, pour se poser la question de la raison d’être de la production et donc des besoins auxquels elle répond.
La réindustrialisation de la France s’est fait une place dans les médias, depuis mars 2020 et les premières pénuries de produits qui ont affectées de nombreuses industries. Que serait une stratégie de réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires ?
La première question serait : que voulons-nous produire ? De quoi avons nous besoin ?Si la réponse est, tout ce que nous avons aujourd’hui et encore plus, cela veut dire que l’on ne prend pas encore en compte réellement les limites planétaires.
Mais on peut rapidement expérimenter la complexité du sujet en se posant la question : « De quoi est ce que j’ai besoin pour bien vivre ? ». Même si des éléments communs apparaîtraient à travers un sondage, des réponses détaillées présenteraient de nombreuses différences d’une personne à l’autre rien que par la définition personnelle de ce que signifie « bien vivre ».
Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.

Appliquée au monde industriel, cette approche nécessite de dépasser une approche uniquement ‘solutionniste’ et technologique, pour se poser la question de la raison d’être de la production et donc des besoins auxquels elle répond.
La réindustrialisation de la France s’est fait une place dans les médias, depuis mars 2020 et les premières pénuries de produits qui ont affectées de nombreuses industries. Que serait une stratégie de réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires ?
La première question serait : que voulons-nous produire ? De quoi avons nous besoin ?Si la réponse est, tout ce que nous avons aujourd’hui et encore plus, cela veut dire que l’on ne prend pas encore en compte réellement les limites planétaires.
Mais on peut rapidement expérimenter la complexité du sujet en se posant la question : « De quoi est ce que j’ai besoin pour bien vivre ? ». Même si des éléments communs apparaîtraient à travers un sondage, des réponses détaillées présenteraient de nombreuses différences d’une personne à l’autre rien que par la définition personnelle de ce que signifie « bien vivre ».
Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
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La réindustrialisation de la France s’est fait une place dans les médias, depuis mars 2020 et les premières pénuries de produits qui ont affectées de nombreuses industries. Que serait une stratégie de réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires ?
La première question serait : que voulons-nous produire ? De quoi avons nous besoin ?Si la réponse est, tout ce que nous avons aujourd’hui et encore plus, cela veut dire que l’on ne prend pas encore en compte réellement les limites planétaires.
Mais on peut rapidement expérimenter la complexité du sujet en se posant la question : « De quoi est ce que j’ai besoin pour bien vivre ? ». Même si des éléments communs apparaîtraient à travers un sondage, des réponses détaillées présenteraient de nombreuses différences d’une personne à l’autre rien que par la définition personnelle de ce que signifie « bien vivre ».
Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
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Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.

La réindustrialisation de la France s’est fait une place dans les médias, depuis mars 2020 et les premières pénuries de produits qui ont affectées de nombreuses industries. Que serait une stratégie de réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires ?


La première question serait : que voulons-nous produire ? De quoi avons nous besoin ?Si la réponse est, tout ce que nous avons aujourd’hui et encore plus, cela veut dire que l’on ne prend pas encore en compte réellement les limites planétaires.
Mais on peut rapidement expérimenter la complexité du sujet en se posant la question : « De quoi est ce que j’ai besoin pour bien vivre ? ». Même si des éléments communs apparaîtraient à travers un sondage, des réponses détaillées présenteraient de nombreuses différences d’une personne à l’autre rien que par la définition personnelle de ce que signifie « bien vivre ».
Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.

Si la réponse est, tout ce que nous avons aujourd’hui et encore plus, cela veut dire que l’on ne prend pas encore en compte réellement les limites planétaires.
Mais on peut rapidement expérimenter la complexité du sujet en se posant la question : « De quoi est ce que j’ai besoin pour bien vivre ? ». Même si des éléments communs apparaîtraient à travers un sondage, des réponses détaillées présenteraient de nombreuses différences d’une personne à l’autre rien que par la définition personnelle de ce que signifie « bien vivre ».
Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.


Mais on peut rapidement expérimenter la complexité du sujet en se posant la question : « De quoi est ce que j’ai besoin pour bien vivre ? ». Même si des éléments communs apparaîtraient à travers un sondage, des réponses détaillées présenteraient de nombreuses différences d’une personne à l’autre rien que par la définition personnelle de ce que signifie « bien vivre ».
Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
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Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.


Un exemple intéressant est celui du téléphone portable. Notre société a fait du téléphone portable un besoin que la majorité désignerait aujourd’hui comme essentiel. Est-ce que cet essentiel a évolué pour devenir dans les faits un besoin authentique, un besoin fondamental nous permettant de ‘bien vivre’ ? Etre joignable à tout instant pouvait être considéré une priorité seulement pour des fonctions d’urgence comme chirurgien, mais le rôle maintenant rempli par le téléphone portable dans les relations sociales, entre autre via les réseaux sociaux, en fait un outil qui participe à notre besoin authentique d’interactions humaines. La complexité et la subjectivité de la notion de besoin devient alors flagrante et requiert que nous nous en emparions le plus tôt possible pour lancer une réflexion qui sera continue parce qu’elle évoluera avec les normes sociétales.
Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.


Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?
Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
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Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.

Imaginons que notre société soit capable de faire corps autour d’une liste de besoins vitaux communs. Que fait-on ensuite ?


Une fois que la société aurait validé des besoins, alors on pourrait définir une liste de produits vitaux dont la production rapatriée en France serait stratégique.
Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.


Un rapport récent du Haut Commissariat au Plan (2020) reconnait que cette identification des produits vitaux doit encore être faite secteur par secteur. Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.

Or, le gouvernement a déjà fait des choix à deux échelles sur ce qu’il identifie comme étant nos besoins. D’une part avec le Plan de Relance pour le court-moyen terme, et d’autre part avec le programme France 2030 sur le long terme. Mais sur quels critères est ce que la Banque Public d’investissement (BPI) en charge du financement du Plan de Relance considérera qu’un projet répond à un besoin essentiel ? De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.

De la même manière, le programme France 2030 et ses 10 objectifs ne soulève nullement la question des besoins. Si l’objectif général est d’assurer une certaine résilience et souveraineté sur des produits vitaux, en quoi le critère de compétitivité très prédominant dans les objectifs proposés devient important ?
Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
Entretien vidéo
Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.


Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?
Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
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Si on suit votre logique des besoins, on peut craindre que certaines industries ne soient plus prioritaires, délaissées. Que dire à ces entreprises et travailleurs ?


Les choix entérinés en termes de besoins et de production essentiels, désavantageraient effectivement certaines productions ‘superflues’ et entraîneraient des renoncements et des fermetures. Cette transformation devra être nécessairement accompagnée non seulement pour la gestion des infrastructures restantes, mais également pour la réaffectation des salariés qui devront être formés pour s’engager dans d’autres entreprises. C’est un chantier gigantesque à l’échelle nationale dont le gouvernement tarde trop à s’emparer. Les entreprises ne pourront pas seules gérer les reconversions de masse nécessaires à cette transformation profonde de notre pays.Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
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Nous imaginons implicitement que la réappropriation de la définition des besoins et de la production par la population entraînera progressivement une nouvelle norme sociétale du suffisant qui permettrait de construire la société sobre que les limites planétaires ‘industrielles’ nous imposeront au cours du siècle si nous ne la créons pas nous-mêmes.
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Jérôme Cuny (IDH 21) a collaboré en 2021 avec indusmakers sur le sujet des risques environnementaux pour l’industrie. Dans cette vidéo, il aborde le sujet de la réindustrialisation dans le cadre des limites planétaires.


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